Symbiose mycorhizienne : le champignon adapte-t-il son activité génétique selon qu’il se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur des racines ?
Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’UMR Agroécologie (INRAE, Université Bourgogne Europe, L’Institut Agro Dijon), publiée dans la revue Mycorrhiza, apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes de la symbiose entre la vigne et les champignons mycorhiziens.
La symbiose mycorhizienne est une association bénéfique entre une plante et des champignons microscopiques. Ces champignons, qui favorisent notamment l’absorption des nutriments minéraux par la plante, développent des structures à la fois dans le sol et à l’intérieur des racines de la plante hôte.
En étudiant le champignon modèle utilisé en laboratoire, « Rhizophagus irregularis », associé à dix porte-greffes de vigne, les chercheurs ont montré que l’expression de ses gènes dépend principalement de la localisation du mycélium, à l’intérieur ou à l’extérieur des racines, davantage que du génotype du porte-greffe.
Cette organisation spatiale s’accompagne d’une spécialisation fonctionnelle :
🔹 À l’intérieur des racines, les gènes davantage exprimés sont notamment impliqués dans le transport des sucres, des acides gras et d’autres nutriments, en lien avec les échanges symbiotiques.
🔹 À l’extérieur des racines, ils sont principalement associés aux processus métaboliques et aux interactions avec l’environnement.
Si le génotype du porte-greffe influence également l’activité génétique du champignon, son effet reste secondaire. Par ailleurs, des porte-greffes génétiquement proches n’entraînent pas nécessairement des réponses similaires chez le champignon.
Ces résultats contribuent à une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent la symbiose mycorhizienne chez la vigne.
L’étude est publiée la revue Mycorrhiza : https://link.springer.com/article/10.1007/s00572-026-01308-w